A la lecture des rapports qui ont été écrits
par le CERTU, on constate que les avis des piétons n'ont jamais été
sollicités bien que les piétons fassent partie intégrante
des usagers de la voirie urbaine.
L'analyse des problèmes rencontrés par les piétons dans
les zones trente doit être faite avec celle des carrefours giratoires,
certains de ces derniers se trouvant en zone trente.
Les piétons ayant toutes leurs facultés, physiques, mentales et psychiques, doivent porter une attention particulière, même si le CERTU considère que les automobilistes seront plus attentifs et respecteront la vitesse autorisée. Je considère que c'est une simple vue de l'esprit qui ne tient compte que de ce qu'on veut démontrer en obérant les réalités. Pour obtenir l'adhésion des automobilistes il n'y a qu'un moyen : la contrainte.
Partir d'un ratio que personne ne maîtrise : le respect par les conducteurs de véhicules de la vitesse limite et des mouvements de piétons est totalement illusoire et toutes les constructions échafaudées sur ce principe n'ont aucune valeur. Nous ne nous basons pas sur des théories plus ou moins fumeuses, nous sommes des pragmatiques. Un moyen technique existe pour obliger les automobilistes à respecter la limitation : la circulation en chicanes.
Malgré tout, les piétons moins valides ne seront pas assurés de pouvoir se déplacer sans risque et les personnes handicapées visuelles n'auront aucun repère, surtout si de surcroît on supprime les trottoirs.
Le CERTU part du principe que la mixité des déplacements des piétons et des véhicules obligera tout le monde à faire attention, c'est un doux rêve! Puisque les piétons ne seront plus en danger par le respect des conducteurs de véhicules, ils pourront circuler comme ils le voudront, donc les passages protégés n'ont plus lieu d'être. Le CERTU engage même les municipalités à les supprimer. C'est ignorer que les personnes handicapées visuelles ont besoin de repères. Les malvoyants chercheront les bandes blanches comme les chiens guide qui obéissent à la commande de chercher le passage. Les aveugles chercheront la bande podotactile qui leur indique la présence du passage protégé .D'autre part, on enseigne aux écoliers qu'il faut obligatoirement emprunter les passages piétons pour traverser la rue. Et les personnes âgées se sentent plus en sécurité dans les passages protégés nettement établis. Mais peut-être que des directives ont été données au CERTU pour faire en sorte que les personnes moins valides n'encombrent plus les rues ?
Si dans les villes les zones trente peuvent être installées à condition de prendre des précautions d'équipement, il n'en est pas de même en campagne où la limitation à cinquante kilomètres heure n'est même pas respectée.
Et comment les personnes aveugles sauront qu'elles sont dans une zone trente ? Le CERTU ne répond pas à cette question.
Il en est de même des carrefours équipés de giratoires. L'absence de réglementation entraîne de dangereux équipements. Certaines voies aboutissant au rond point n'ont même pas de passages piétons matérialisés. D'autres n'ont pas été équipés de bateaux bien que de réalisation récente. Il semble que les responsables des DDE ne connaissent pas les plus élémentaires précautions qui autorisent le passage des piétons en toute sécurité. Le simple respect des textes en vigueur serait déjà une amélioration certaine.
Il faut imposé un système qui permettent à tous les piétons et plus principalement aux piétons moins valides de traverser les voies de circulation sans prendre de risque. L'installation de feux protégeant le passage, avec commande par détection de présence est la meilleure façon d'offrir une traversée sécurisée tout en interrompant la circulation des véhicules le moins possible. Il semble qu'une expérimentation actuellement en cours dans la région de Toulouse utilise le suivi du piéton aux rayons infrarouges. Il nous apparaît que le suivi de la traversée n'est pas indispensable à partir du moment où le feu est réglé selon les conditions réglementaires actuelles, c'est-à-dire proportionnellement à la largeur de la voie traversée.
Il doit être aussi possible de simplifier le système en plaçant un bouton d'appel et en couplant sa commande avec celle de la télécommande de la personne aveugle.
Certains giratoires en agglomération ont été doublés de zone trente ; l'absence de passage piétons, préconisé par le CERTU, rend la traversée difficile selon la densité de la circulation routière. L'accessibilité concerne tous les citoyens et doit être réalisée au profit unique des piétons, en leur assurant la sécurité maximale.