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Monsieur le Maire
FÉCAMP

Le 5 septembre 2011

Monsieur le Maire,

Je viens d'apprendre, de la part de notre déléguée locale Martine AUBÉ, que vous avez modifié les signalisations sonores des feux piétons qui permettaient aux aveugles de connaître le moment où ils pouvaient traverser la rue.

Les messages parlés, précis et sécurisants, ont été remplacés par un signal codé qui ne donne plus les informations permettant de traverser en sécurité. De plus, l'absence du nom de la voie traversée est une régression dans l'accessibilité aux déplacements prévue dans la loi 2005-102 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Les personnes qui voient peuvent lire le nom de la voie mais pas les aveugles ; les priver de cette information est un acte discriminatoire et utiliser une cloche, au demeurant agressive, est un non respect de la citoyenneté des handicapés visuels.

L'argument de l'obligation de respecter l'arrêté du 8 avril 2002 et l'article 110-2 du code de la route n'est qu'un alibi qui dénote un manque de responsabilité et une désinvolture marquée envers la population handicapée. La ville de Nice n'utilise que des messages parlés avec les informations complémentaires permettant le repérage des utilisateurs aveugles, mais il est vrai que l'élue en charge du handicap est elle-même aveugle, elle sait ce dont elle a besoin. Il apparaît qu'à Fécamp, les responsables de la ville ne se soucient que très peu du sort des handicapés visuels. Il faut savoir aussi qu'il n'est pas interdit de faire mieux que les bases fixées. C'est là un cas concret. Je vous informe que le 24 août, un accident s'est produit à Paris sur un passage piétons au moment du signal codé. Si le répétiteur avait été équipé de la dernière technologie d'information parlée, l'accident n'aurait pas eu lieu et les aveugles n'auraient pas été blessés comme cela est arrivé.

J'étais allé rencontrer élus et techniciens de la voirie pour leur donner les indications précises sur les mises en accessibilité. Il m'avait semblé qu'ils avaient compris les besoins et la manière de les satisfaire. Je crois que j'ai perdu mon temps ou que la raison a été remplacée par d'autres motifs que la citoyenneté des handicapés.

J'espère que vous donnerez des explications claires et précises sur cet abandon des bons principes qui amélioraient l'accessibilité des personnes malvoyantes et sur les décisions que vous allez prendre pour y remédier. Notre association avait décerné sur son site un prix ''Orange'' à Fécamp pour la prise en compte des besoins des handicapés. J'attends une quinzaine pour recevoir votre réponse. Passé ce délai nous rétrograderons Fécamp en prix ''Citron'', et cette lettre sera publiée sur le site pour expliquer notre choix.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Maire, mes salutations distinguées.

Le président Jean GREZAUD

Monsieur le Maire FÉCAMP