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1 - Les règles pour une bonne accessibilité

 

L'accessibilité doit tenir compte de tous les types de handicap, dans le respect des textes en vigueur. Elle ne peut être réalisée sans le but principal, permettre aux personnes moins valides de se déplacer en toute sécurité, il est souhaitable de faire mieux que le minimum prescrit .

La chaîne du déplacement ne doit subir aucune interruption. (article 45 de la loi 2005-102). Elle concerne les moyens du déplacement : les matériels de transport, mais aussi les installations périphériques de ces matériels et les aménagements du cadre bâti et de la voirie.

Les transports

Les matériels doivent permettre l'accès et les identifiants des besoins de toutes les personnes handicapées. Accès des personnes handicapées moteur, informations sonores à l'extérieur et à l'intérieur pour les personnes handicapées visuelles ou illettrées ou les étrangers qui ne savent pas lire le français.

A l'extérieur du véhicule, la personne handicapée doit pouvoir aborder le trottoir directement. L'état de ce trottoir doit répondre aux critères définis par les textes, décrets et arrêtés.

Les matériels roulants de transports doivent être conçus de telle manière qu'ils ne présentent aucun danger pour les personnes aveugles et notamment que les parties en saillie soient détectables comme doivent l'être les mobiliers urbains sur la voirie. Des mains courantes doivent permettre aux personnes aveugles de se déplacer à l'intérieur d'un véhicule sans perturber les autres voyageurs..

Les camions de livraison de transports doivent être conçus de telle manière qu'ils ne présentent aucun danger pour les personnes aveugles et notamment que les parties en saillie soient détectables comme doivent l'être les mobiliers urbains sur la voirie. Des mains courantes doivent permettre aux personnes aveugles de se déplacer à l'intérieur d'un véhicule sans perturber les autres voyageurs

La voirie

Les trottoirs sont tels qu'il ne doivent comporter aucun danger ni impossibilité de circuler pour toutes les personnes moins valides, quel que soit le handicap dont elles sont affectées. Les bandes d'éveil de vigilance actuelles sont dangereuses et ont généré des accidents de personnes marchant avec difficulté. Les clous plantés dans les trottoirs sont particulièrement dangereux. Ils sont glissants et, en cas de chute, ils peuvent être extrêmement agressifs et entraîner des dommages définitifs aux jeunes enfants. En plus du respect des textes, décrets et arrêtés, des aménagements complémentaires sont souhaitables. Une identification du cheminement, peinte sur le trottoir avertira les usagers non handicapés de la nécessité de laisser libre la totalité du cheminement et principalement les commerçants et riverains.

Les déplacements des personnes handicapées visuelles demandent la présence d'un minimum le plus réduit possible d'obstacles et que ceux qui ne peuvent être enlevés du parcours soient facilement identifiables. Les bandes de guidage à destination des personnes aveugles ou malvoyantes permettront, dans les grands espaces, un repérage et un guidage plus facile. Pour des parcours déterminés, en sites ouverts ou fermés, l'usage de la flèche sonore permettra aux personnes handicapées visuelles de se guider plus facilement. .

Nous constatons un trop grand laxisme des autorités à laisser les véhicules de toutes natures stationner irrégulièrement sur les trottoirs ou sur les passages piétons. Le code de la route doit être appliqué, même en agglomération.

Attention au mobilier urbain. Les panneaux de publicité ou d'information doivent respecter les conditions prévues par les textes et devraient être conçus pour ne pas présenter de danger pour tous les types de piétons Les panneaux espagnols dont l'affichage va jusqu'au sol et les montants sont carénés sont facilement détectés à la canne et ne présentent aucun danger en cas de chocs.

Il est important,dans les contrats passés avec les différents locataires qui utilisent l'espace de voirie, d'imposer à ces derniers le respect des textes et la mise en conformité avec ceux-ci s'il y a des changements afin d'éviter ce qui se constate actuellement : des trottoirs où le passage des personnes handicapées en fauteuil ou les poussettes est impossible par manque d'espace réglementaire. Attention aux équipements en vélos en libre service, dans certaines villes comme LYON, les stations de ces cycles sont installées sur les trottoirs et sans protection. Imaginez l'aveugle qui entre dans une zone ainsi sans protection. Il convient d'installer ces stations sur la voie de circulation, en utilisant quelques places de stationnement de voitures, puisque l'usage de ces vélos est fait pour éviter d'utiliser la voiture, les stations doivent être installées aux places libérées par la diminution de l'utilisation des voitures. Ce n'est pas le piéton qui doit faire les frais de ces installations.

Les portes et cloisons vitrées transparentes sont difficilement décelables par les malvoyants. Il y a lieu de les marquer de façon efficace au niveau du visage. Les abris bus doivent permettre aux personnes en fauteuil d'attendre le bus à l'abri les jours de pluie. Cette place devra être réservée du côté aval de la circulation du bus, afin que le conducteur puisse voir la personne en fauteuil dès qu'il arrive à proximité de l'arrêt. Les sièges des abris bus doivent permettre aux personnes de petite taille de s'asseoir normalement ; éviter les surfaces arrondies qui leur sont inconfortables

Pour les traversées des voies de circulation,y compris les voies des tramways, la protection des passages pour piétons doit être matérialisée de manière uniforme et visible. Le retour du tramway en ville ne doit pas être une entrave aux déplacements des aveugles. Les chiens guides recherchent les passages piétons qu'ils identifient grâce aux bandes blanches. Dans la traversée des voies du tramway, si ces voies sont après la traversée de la voie routière, l'aveugle peut engager son chien à continuer le parcours. Dans le cas où la traversée commence par celle de la voie ferrée, le chien ne trouvera pas le passage.

Il faut préférer les barrières aux plots ou chandelles sur les bords des trottoirs, dangereux pour les aveugles et malvoyants, occasionnant des chutes ou des traumatismes dus aux chocs

Eclairage et visibilité

Attention aux couleurs employées dans le paysage urbain, elles doivent être suffisamment contrastées pour permettre de se repérer et éviter les heurts avec le mobilier. Les contrastes permettent aussi d'apprécier la profondeur du champ visuel restant pour les personnes malvoyantes. Eviter l'erreur commise à LYON de changer la couleur orange, visible de loin des totems identifiant les accès aux stations de métro, par du gris qui les fait disparaître dans le paysage urbain. Les personnes malvoyantes ne les repèrent plus puisque le contraste à disparu. C'est en contradiction avec la continuité de la chaîne du déplacement. Mauvaise décision des décideurs.

L'éclairage est un problème auquel il faut apporter une attention particulière car les personnes malvoyantes sont de plus en plus nombreuses, phénomène du au vieillissement de la population.

Toutes les malvoyances ne sont pas de même nature, mais elles ont un point commun, la lumière répandue par les moyens d'éclairage peut être bénéfique ou, au contraire, les aveugler. Sont totalement à proscrire tous les faisceaux lumineux qui partent du sol, ils sont plus ou moins agressifs selon l'oeil qui les reçoit, mais ils sont dangereux car ils empêchent de voir le sol qui les entoure. Tout éclairage implanté dans le sol du trottoir doit être interdit. Tout au plus peut-on admettre une tache lumineuse de faible intensité et de faible surface si elle est couverte par une surface dépolie qui arrête le faisceau

Il faudra éviter aussi d'éclairer trop violemment une surface murale de couleur claire, ce qui a pour effet de provoquer un éblouissement.

Les ronds points qui remplacent les carrefours à feux de circulation, , doivent être équipés de traversées sécurisées par abaissement des trottoirs et présence de feux de circulation à activation manuelle ou télécommandée. Les piétons ont droit à la sécurité comme elle était installée avant la transformation. Les compagnies d'assurance considèrent les ronds points comme particulièrement accidentogènes. Cette situation doit être étudiée avec un peu plus de sérieux qu'elle ne l'est par les instances officielles qui se présentent comme les seules à savoir traiter des problèmes de l'accessibilité Dans ce cas il y a une carence évidente.

Nous proposons plusieurs solutions. Puisque les ronds points sont réputés être installés pour fluidifier la circulation automobile et destinés à ralentir la vitesse, souvent excessive des véhicules, la sécurité des piétons peut être obtenue en installant des feux indiquant un jaune clignotant lorsqu'il n'y a pas de piétons. Le feu fonctionne comme ceux des traversées piétonnes qui ne sont pas dans les carrefours. Dès qu'un piéton arrive pour traverser une des voies qui aboutissent au giratoire, les feux redeviennent tricolores. Les déclenchements pourraient être commandés par un détecteur de présence. Dans le cas d'utilisation d'un bouton poussoir, il faut que le déclenchement par ce bouton soit doublé d'un déclenchement par la télécommande des personnes handicapées visuelles qui ne peuvent voir la présence de ce bouton. Il n'y a donc que l'arrêt très momentané de la circulation, le temps du passage de la traversée empruntée par le piéton. Mais ce dernier bénéficie de la sécurité procurée par le feu. (Rond point du carrefour Repiquet Drancy/Bobigny)

Il peut aussi être installé, dans tout le giratoire, une zone 30. Il faudra alors adjoindre au panneau réglementaire le panneau complémentaire indiquant que dans la zone 30, le piéton est prioritaire. Il faudrait une campagne de sensibilisation à la priorité des piétons, presque totalement ignoré par les conducteurs et trouver le moyen d'indiquer aux aveugles qu'ils se trouvent dans une zone 30 car il faudra tenir compte de l'impossibilité des aveugles à se savoir dans une zone 30. L'absence de passages protégés perturbent le déplacement des chiens guides d'aveugles qui sont dressés pour faire traverser les rues sur les passages piétons. Il est donc indispensable de garder la matérialisation des passages piétons avec les signalisations spécifiques pour les aveugles.

La signalisation des itinéraires menant aux établissements les plus importants de la ville (mairie, gare, poste) est généralement conçue pour les automobilistes. Dans les villes où le plan de circulation engendre de nombreuses voies en sens unique, il y a lieu de prévoir une signalétique d'itinéraires pour les piétons afin d'éviter à ces derniers des parcours beaucoup plus longs qu'il n'est nécessaire, surtout lorsqu'ils sont moins valides.

Veiller à ce que les commandes manuelles de traversées protégées à la demande par des feux ne soient pas trop éloignées du passage matérialisé.

Les places de stationnement réservées aux détenteurs du macaron officiel peuvent être réalisées en mettant la place au niveau du trottoir ce qui permet une plus grande surface de stationnement et se trouve plus facilement accessible par la personne handicapée. Il faut veiller le plus possible à privilégier les stationnements en talon, moins dangereux que les stationnements longitudinaux. Le fait de peindre la place en bleu n'est pas obligatoire mais conseillé. Attention de bien disposer les panneaux conformes pour éviter les procédures avec les automobilistes pointilleux. Il faut demander à la police municipale de veiller à la conformité du macaron, nombreux sont ceux qui sont anciens et dont la personne bénéficiaire est décédée. Le macaron actuel porte au recto la date de validité et au verso la photo du détenteur qui doit normalement être dans le véhicule lors de son utilisation. Il existe aussi de nombreuses ''photocopies'' facilement repérables qu'il faut éliminer.

Le cadre bâti

Les montées d'escaliers doivent être sécurisées comme l'indiquent les textes. Les mains courantes doivent être accessibles aux personnes de petite taille

Les dessous des montées d'escaliers ou d'escaliers mécaniques doivent être équipées de manière à ce que la personne aveugle puisse les déceler. Suivant les cas, l'espace pourra être utilisé à l'installation de locaux utilitaires ou garni de mobilier décoratif dans les espaces fermés tels que centres commerciaux ou gares. Ailleurs, un dispositif installé au sol ou au plus à quarante centimètres de hauteur guidera la canne pour éviter le choc en respectant la hauteur libre de 2 mètres 20, comme le montre la photo ci-après

Les volées de marches doivent être éclairées sans gêner les utilisateurs. Un éclairage ''montant'' est très dangereux pour toutes les personnes malvoyantes. La source de lumière ne doit jamais être en pleine vision, elle aveugle.

Les contrastes de couleurs doivent permettre de mesurer la profondeur et les différences entre les diverses parties de l'immeuble. Attention aux couleurs ternes, les gris, verts ou bleus fades qui ne font pas ressortir le relief. Eviter d'avoir, comme dans les stations souterraines du tram-métro de Rouen, des espaces complètement noirs, murs, escaliers d'accès, sol, plafond, éclairés comme dans les catacombes. Les malvoyants y deviennent aveugles.

La réglementation prévoit que les dimensions des marches d'escalier ne doivent pas être : supérieure à 16 centimètres pour la hauteur et la profondeur du giron ne doit pas être inférieure à 28 centimètres. Trop de constructions actuelles ne respectent pas ces prescriptions. Il est aussi prévu de distinguer la première et la dernière marche de chaque volée d'escalier en différenciant le nez de marche par une couleur contrastée. Attention, la différenciation ne doit pas se borner aux premières et dernière marches ; la difficulté pour les malvoyants se situe sur toute la volée de marche, à la descente. D'autre part, en ne différenciant que les premières et dernières marches, l'esthétique n'est pas au rendez-vous alors que si toutes les marches sont repérées avec un nez de marche contrasté, la sécurité et l'esthétique iront de paire.

Les portes vitrées sont difficilement décelables par les malvoyants, un marquage à hauteur de vue doit permettre d'identifier leur présence. Elles doivent être conçues de telle sorte qu'elles puissent être ouvertes sans difficulté par une personne en fauteuil, une personne de petite taille ou une personne âgée. Il y a lieu de préconiser les portes coulissantes à ouvertures automatiques par détecteur de présence, pour éviter le mouvement de débattement qui risque de blesser la personne qui se trouve devant la porte. Les problèmes liés aux mouvements de la porte sont primordiaux pour les toilettes adaptées. Il faut qu'une personne en fauteuil puisse ouvrir et fermer la porte sans difficulté.

Les interphones doivent être accessibles aux aveugles et malvoyants. Les appareils à défilement de noms sont à proscrire ou doivent être doublés par une platine permettant de composer le code d'accès. Le haut parleur de réponse de l'habitant doit être doublé d'un lumineux pour indiquer aux personnes sourdes ou malentendantes que l'hôte est présent.

Il faut faire tout ce qui est possible pour rendre les bâtiments publics accessibles à tous les types de handicapés et veiller à ce que l'accessibilité conforte la sécurité.

Les ascenseurs ont de nouvelles obligations de signalétique. Les chiffres des étages doivent être en relief pour les personnes malvoyantes. Les nouveaux boutons sont normalement conformes avec le graphisme du chiffre arabe en relief et les indications en braille ont été abandonnées. La recommandation du chiffre ''en relief'' ne doit pas exclure le braille qui est une écriture spécifique ''en relief'' pour les aveugles. Ces derniers ne connaissent pas les chiffres ''en noir''. Les étages doivent être annoncés oralement. Au niveau du rez de chaussée, si l'ascenseur dessert le (ou les) sous-sol, il doit annoncer s'il est en commande de descente ou de montée.

Il est maintenant possible, pour le repérage et le guidage dans l'espace des personnes handicapées visuelles, d'utiliser des balises interactives qui émettent des messages sonores vocaux à destination des personnes munies de récepteurs. Ces moyens peuvent être complétés par des bandes de guidage au sol de couleurs contrastées, qui permettent aux aveugles et aux malvoyants de se guider plus aisément

Les recommandations pour les toilettes destinées aux personnes handicapées ne donnent que des dimensions minimales. Il faut, chaque fois qu'il est possible tenir compte que la translation du fauteuil sur la cuvette ne se fait pas forcément du même côté pour toutes les personnes et prévoir les adaptations nécessaires pour une translation de chaque côté. La température de l'eau chaude distribuée ne devra pas dépasser 37 degrés afin d'éviter les risques de brûlures.

MISE EN GARDE

Nous attirons l'attention des maires sur la recrudescence de petites sociétés ou entreprises qui, profitant du vide juridique dans la définition des moyens de procurer l'accessibilité, proposent des études, souvent très onéreuses pour leurs résultats, ou essaient de vendre des produits aux collectivités ou aux commerçant, produits douteux qui ne sont pas homologués et peuvent être dangereux dans leur utilisation. Vous pouvez nous contacter pour des études et formations que nous assurons bénévolement.