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Le coup de gueule du président

Il est indispensable de pousser un ''coup de gueule'' pour faire savoir qu'il ne faut pas prendre les citoyens français pour des imbéciles. Car il faut bien le dire, notre administration se moque de nous. L'exemple que je vais donné, avec toutes les explications utiles le démontre.

Il s'agit des ''bandes d'éveil de vigilance'' que vous rencontrez devant les passages piétons ou sur le bord des quais.

Première remarque maintes fois exprimée par de nombreux aveugles, devant les passages piétons elles indiquent l'endroit où il faut passer et devant les quais, ces mêmes bandes indiquent qu'il ne faut pas passer. Vous conviendrez que c'est plutôt stupide et même dangereux. Mais ce sont les définitions des fonctionnaires des différents ministères en charge de l'accessibilité. Des ''savants'' qui veulent expliquer aux handicapés ce qu'ils doivent faire comme s'ils étaient des spécialistes, alors qu'ils ou elles n'ont aucune pratique.

Un arrêtédu 8 décembre 2014 précise dans son annexe 7 qu'elle est constituée de plots régulièrement espacés ;

elle est non glissante ;
elle ne présente pas de gêne pour les personnes présentant des difficultés pour se déplacer.
Or, dans le même arrêté, il est précisé : Les spécifications de la norme NF P 98-351:2010 sont réputées satisfaire à ces exigences.

J'ai donc étudié le texte de cette norme pour constater qu'elle indique que les plots sont en fait en forme de dôme. Les différentes définitions des ''plots'' indiquent qu'il ont une surface plane. Peut-être que les rédacteurs du ministère ne le savent pas.

J'ai pris la décision d'informer l'AFNOR qui établit les normes en indiquant que la nouvelle définition qui prévoyait que ces bandes d'éveil de vigilance ne devaient pas gêner les personnes ayant des difficultés pour se déplacer correspondait au dalles utilisées en Espagne (et de conception française !) Ma lettre a été transmise au Bureau de Normalisation des Transports, des Routes et de leurs Aménagement, service ministériel en charge de la normalisation des équipements de voirie a qui j'ai écrit le 24 juin avec un rappel le 4 août sans réponse à ce jour.

Mon courrier comportait une photo de cette ''dalle espagnole'' très explicite qui montre comment cette dalle ne présente aucun danger pour tous les piétons : le dessus des plots qui la composent est au niveau de la surface du trottoir, c'est l'alvéole autour de chaque plot, d'une profondeur de 4 millimètres qui permet à l'aveugle de la détecter. En France, les ''dômes'' sont en saillie au dessus de la surface du trottoir et constituent alors un danger pour les parkinsoniens et les personnes âgées ou légèrement handicapées moteur.

Mais pourquoi ne tient on pas compte de ces diverses informations pour adopter les dalles d'invention française ?

L'explication est très simple, une question de coût.

Les dalles en béton de fabrication française correspondant à la norme et donc dangereuses et ne respectant pas les prescriptions de l'arrêté du 8 décembre 2014 coûtent 135 euro hors taxe le mètre carré. Les dalles utilisées et fabriquées en Espagne en béton anti-dérapant coûtent seulement 3 euro 20 le mètre carré.

Et je ne parle pas des nouvelles dalles françaises inventées par une grande entreprise de BTP dont le coût avoisine les 320 euro le mètre carré. En fait, nos responsables nationaux ou locaux, élus, techniciens des villes et spécialistes des marchés publics sont bien plus intéressés par ce qui est plus onéreux et annonce des ''retombées'' plus juteuses. Mais c'est le citoyen qui paye dans ses impôts locaux ces matériaux dangereux qu'il faudra bien remplacer pour éviter les chutes des personnes handicapées ou fragiles. Mais se soucie-t-on vraiment de l'accessibilité et de la sécurité des personnes fragiles ?

Ces ''responsables'' oublient sans doute qu'ils seront à leur tour des personnes handicapées par les problèmes liés à l'âge ou à leur potentiel physique défaillant.