retour accueil

Et la suite de l'article que vous avez trouvé dans les Bandes d'éveil de vigilance

Certu
Centre d'études sur les réseaux, les transports, l'urbanisme
et les constructions publiques
Lyon, le 9 décembre 2008
Secrétariat général
Bureau du personnel, des salaires
et de la formation

Le Directeur du CERTU
à
Monsieur GREZAUD, Président de
l'Union Nationale des Moins Valides
La Maison pour Tous
249, rue Vendôme
69003 LYON

Monsieur le Président,
Mes services ont constaté en visitant votre site: http://unionnationaledesmoinsvalides.org/unmv afnorjuillet08.htm, le 4 décembre 2008, qu'un ingénieur du CERTU était gravement mis en cause dans sa pratique professionnelle de façon nominative. Les propos que vous tenez portent atteinte à sa capacité professionnelle et à sa probité morale.

Je vous demande de retirer immédiatement cet article diffamatoire à l'encontre de cet agent et de son service employeur, le CERTU.

Sans la mise en œuvre effective du retrait de cet article sur votre site, à la date du 18 décembre 2008, je me verrai dans l'obligation de procéder à un recours contentieux.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.

Bruno VERDON
Directeur

Et notre réponse
Le 20 décembre 2008

Monsieur le Directeur,

J'ai reçu hier votre lettre du 9 décembre que vous avez adressée à La Maison pour Tous. Le responsable du courrier a signé la réception, ce qu'il n'aurait pas dû faire, et m'a fait suivre la lettre. La poste m'a d'ailleurs fait signer la remise.

Je suis surpris que vous n'ayez pas utilisé une manière plus simple, plus rapide et sans frais, le message direct depuis le site. J'ai pour habitude de répondre dès que je reçois un message. L'UNMV n'a rien à cacher et nous donnons satisfaction aux demandes chaque fois qu'il est possible. J'ai donc demandé à notre webmaster de modifier en remplaçant le nom de la personne par une série de X.

Je m'étonne de la réaction d'une personne qui est en fait une personne publique puisque son nom apparaît dans les textes qu'elle publie et dans les programmes des interventions orales auxquelles elle participe. Je suis moi-même dans ce cas et je ne m'émeus pas quand des controverses m'interpellent. Je réponds en expliquant mon point de vue.

Si j'ai stigmatisé les incompétences en matière de connaissance des handicaps, c'est qu'elles sont réelles car ces connaissances ne sont enseignées nulle part et que les personnes valides, quelle qu'elles soient, sont dans l'incapacité de se mettre en situation. Ce n'est pas une tare, c'est une simple constatation. Il n'y a pas de diplôme de technicien ni d'ingénieur en accessibilité. Je suis moi-même à la fois handicapé moteur et visuel, auxquels on ajoutera l'âge qui amplifie l'action de ces handicaps. Je pense savoir de quoi je parle.

Votre service a eu à traiter de deux objectifs concernant le handicap visuel pour lesquels XXXXXXX a été et est encore en action : Les répétiteurs de feux piétons et les bandes d'éveil de vigilance. La France est un pays dit démocratique, mais XXXXX n'a jamais voulu tenir compte des observations des aveugles pour les messages de ces répétiteurs et n'a pas consulté les handicaps autres que visuel pour les bandes d'éveil de vigilance. Elle ne pouvait cependant pas ignorer que d'autres piétons circulent sur la voie publique, atteints de handicaps qui rendent leur marche difficile et pour lesquels les bandes d'éveil de vigilance sont de véritables obstacles dangereux.

Pour ces dernières, j'ai prévenu l'AFNOR, responsable de la norme, qu'il existait en Espagne des surfaces podotactiles bien plus performantes et sans danger pour quiconque. L'AFNOR, dont la responsabilité est engagée, a demandé au groupe d'étude de prendre en compte de mes remarques et de me joindre au groupe. XXXXXX, secrétaire de ce groupe, a refusé au prétexte que les études étaient terminées et que mes informations étaient arrivées trop tardivement. Je regrette d'être obligé de vous le dire : elle a menti puisque plusieurs mois plus tard elle organisait une réunion de travail de ce groupe.

Mais pire, l'AFNOR m'adressait le 30 juillet 2008 cette lettre dans laquelle était jointe une notice technique précisant que le climat du sud de l'Espagne n'était pas celui de la France, que le système ne permettait pas l'écoulement des eaux de pluies et que le gel étant absent en Andalousie, il créerait un danger de ''glissance''. Vous avez pris connaissance de ce texte puisque c'est celui que vous incriminez. C'est la preuve irréfutable de son l'affligeante mauvaise foi. Car ce qu'ignorait XXXXXXX, c'est que ce produit était installé depuis plus de trente ans, couvrant toute la place de l'Hôtel de ville de Saint Etienne. Et à Saint Etienne, il pleut, il y a du gel et il neige. Il n'y a jamais eu de problème.

Je pense que si XXXXXXXX était aussi sûre de ce qu'elle prétend, elle accepterait et même provoquerait des essais comparatifs, aussi bien sur les bandes d'éveil de vigilance que sur les messages des répétiteurs de feux piétons, essais effectués par une autorité neutre et compétente. Pas comme les précédents essais à Paris et à Nantes sur les messages de répétiteurs, essais bidons dont on ne parle plus tellement ils étaient falsifiés. Je vous fais remarqué que j'ai des actions positives puisque c'est moi qui ai, avec la BNP, introduit en France les distributeurs automatiques de billets adaptés pour les aveugles. Je ne suis pas passé par vos services et tous les utilisateurs sont satisfaits de ces automates.

Aussi, pour conclure, si vous souhaitez démontrer la loyauté et l'honnêteté de votre service, je vous demande d'accepter de faire ses essais comparatifs sous l'égide de l'AFNOR, directement engagée dans ce processus, puisqu'elle édite les normes. Je suis en relation avec le fabricant français des dalles installées à Saint Etienne, il n'y aura pas d'autres problèmes que de se mettre d'accord sur un processus. Il en est de même pour les messages des répétiteurs de feux piétons, et là c'est encore plus facile puisque vous connaissez le fabricant.

J'espère que vous aurez compris l'importance de ma démarche. Je n'ai aucun intérêt autre que d'améliorer l'autonomie de toutes les personnes moins valides par des moyens performants ; ils existent ne faisons pas semblant de les méconnaître.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, mes sincères salutations.

Le président Jean GREZAUD
Copie à AFNOR,
11, rue F. de Pressensé
93571 La Plaine Saint Denis Cedex

Le Directeur du CERTU à
Monsieur GREZAUD,
Président de l'Union Nationale des Moins Valides
La Maison pour Tous
249, rue Vendôme
69003 LYON
Monsieur le Président.

Par courrier recommandé du 9 décembre 2008, je vous demandais de retirer du site http://unionnationaledesmoinsvalides.org/unmv-afnoriuillet08.htm un article à caractère diffamatoire pour un de mes ingénieurs et pour le CERTU.

Je réitère ma demande pour un nouvel article de votre production. Celui ci se trouve sur le site http://typhlophile.com/lacriee/2003/12/13.shtml .

Je vous demande d'intervenir auprès du site " le typhlophile " pour le faire retirer dans les plus brefs délais.

En effet, je considère que les allégations portées à l'encontre de deux ingénieurs du CERTU sont de nature à discréditer la rigueur intellectuelle avec laquelle ils conduisent leurs analyses.

Je vous informe que j'adresse copie des mes deux courriers:

à la Délégation ministèrielle à l'accessibilité,

à Monsieur Christian MINAUDIER - Grand Lyon
Président de la commission de normalisation

au Directeur de l'AFNOR

et au service juridique du ministère" MEEDDAT"

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments distingués.

Bruno VERDON
Directeur
Le 23 février 2009

Monsieur le Directeur,


Je viens de recevoir votre lettre du 22 décembre dernier. J'ai certains points à éclaircir, en complément de ma lettre du 20 décembre dernier.

Lors de la journée d'information organisée à Lyon en 2007 par votre service, votre représentant, sachant qu'il y avait dans la salle des responsables d'associations de personnes handicapées, à fait une déclaration précisant que ce n'était pas le rôle des associations de définir ce qui devait être mis en place pour les personnes handicapées, mais celui des ''professionnels'' du CERTU, seuls habilités à le faire.

Première remarque : c'est assez mal venu de s'adresser ainsi aux personnes handicapées et à leurs représentants dont beaucoup sont des consultants dans plusieurs comités et groupes d'étude. La seconde remarque tient au fait que, dans les associations de personnes handicapées, il y a des personnes aussi qualifiées professionnellement que les fonctionnaires du CERTU. De plus, ils sont confrontés à des situations que ne connaissent pas vos ingénieurs ; ils sont donc mieux en mesure de définir leurs attentes et de choisir les moyens qu'ils jugent les plus adaptés à satisfaire leurs besoins avec le maximum de sécurité. Les éliminer ainsi c'est se priver de l'expérience que leur a donner leur volonté de s'affranchir des ennuis de leur handicap.

Je vais me permettre de vous rappeler qu'il y a quelques années, un groupe d'étude avait entrepris de trouver une solution au problème posé par les escaliers mécaniques dont les faces et le dessous étaient dangereux pour les aveugles, aucun moyen de détection n'existait. Ce groupe de ''professionnels'' n'a rien proposé et c'est notre association qui a trouvé la solution et, en relation directe avec l'atelier du Grand Lyon, l'a fait réaliser. Le dispositif est installé sous les escalators extérieurs des sorties de la Gare de Perrache, côté esplanade ainsi que Cours Charlemagne. Et votre service, qui je le croyais était en charge de diffuser les aménagements concrets pour améliorer les conditions de circulation urbaine, n'a jamais relayé l'information qui concerne pourtant tous les escaliers mécaniques ou non, en surplomb sur les voies ou passages piétonniers.

Mais je reviens sur d'autres problèmes concrets. Après de multiple réunions d'étude auxquelles j'ai participé avec d'autres personnes handicapées, la solution finale imposée, et non adoptée, des messages sonores des répétiteurs de feux piétons à destination des aveugles laisse apparaître la méconnaissance totale de ce qu'est la cécité. Le texte de l'arrêté du 8 avril 2002 est un véritable chef d'œuvre d'incompétence : des bornes vibrantes, des boutons poussoirs. Personne au CERTU ne sait qu'un aveugle ne voit pas ? Remplacer les messages parlés explicites et clairs par des sonneries au prétexte que l'aveugle étranger ne comprend pas forcément le français, c'est du Courteline. Personne ne sait au CERTU qu'il n'y a pas que la traversée des rues dans un voyage ? Et si l'aveugle ne comprend pas la langue d'un pays, il n'y va jamais seul. Cette évidence a, à ce point, échappé à vos professionnels ? Pourquoi n'ont-ils pas écouté les handicapés visuels autonomes qui se confrontent journellement avec la voirie, au lieu de n'écouter que les aveugles assistés en permanence et qui avaient peur de perdre cette assistance dans le cas où les déplacements seraient facilités par les équipements existants ?

Et je vais relater deux faits dont je n'ai été que le témoin, comme bien d'autres personnes. En 2000, la personne qui pilotait le groupe d'étude que je viens d'évoquer était la secrétaire actuelle du groupe d'étude de la bande d'éveil de vigilance. Lors de plusieurs réunions, elle a distribué des textes sur lesquels nous devions discuter. Les aveugles qui participaient ont reçu le texte ''en noir''. La première fois, c'est peut-être un oubli, mais ensuite….. ? Que faut-il en penser ? Incompétence ou mépris ? Ou les deux ? En 2002, lors de la dernière réunion du groupe d'étude, un ingénieur, directeur des services techniques d'une ville importante, exaspéré par les propos que tenait votre ''pilote'', l'a vigoureusement prise à partie, lui, faisant notamment remarquer qu'elle dénigrait le système recommandé par les aveugles sans jamais l'avoir testé. Devant un tel flot de vérités qui l'accablaient, elle s'est retirée de la salle en pleurant. Un participant est immédiatement sorti pour la consoler. C'est le vendeur de l'entreprise qui commercialise les répétiteurs refusés par les aveugles ainsi que les clous métalliques des actuelles bandes d'éveil de vigilance. D'autres témoins pourront vous confirmer mes dires. J'aimerais votre sentiment sur ces deux faits pris parmi tant d'autres.

En fait, la différence qu'il y a entre les ''professionnels'' du CERTU et les responsables des associations de personnes handicapées, est que les premiers cherchent à mettre au point un produit commercial alors que les seconds cherchent à améliorer leurs conditions d'existence. Et les premiers sont incapables de sentir les besoins des seconds. Ils sont sans doute très compétents dans d'autres domaines, mais pas en ce qui concerne les besoins des personnes handicapées et principalement des handicapés visuels.

Pour ce qui concerne les bandes d'éveil de vigilance, c'est un autre problème. Malgré la demande de l'AFNOR de m'intégrer au groupe d'étude, la secrétaire a refusé, invoquant comme prétexte que ma lettre était arrivée après la clôture de l'étude, ce qui était faux. Ensuite la note technique qui m'a été adressée par l'AFNOR a montré, non pas une incompétence, mais plus grave pour un service de la République, la mauvaise foi évidente de la personne qui l'a rédigée. (Voir ma lettre du 20 décembre) Ce groupe d'étude a, une fois encore, pour mission d'imposer un produit dangereux alors qu'il a toutes les informations utiles pour faire mieux. Curieuse attitude.

Les problèmes posés par les ''zones de rencontres'' ne semblent pas avoir été résolus : comment faire savoir aux aveugles qu'ils circulent dans une telle zone, comment organiser la circulation de toutes les personnes handicapées sans que les fauteuils soient gênés, que les aveugles gardent leurs repères, puissent se déplacer en toute sécurité et que les eaux pluviales s'écoulent sans obstacle

Notre groupe d'étude de ces problèmes a su trouver la solution satisfaisante pour tous, mais nous ne sommes pas des ''professionnels''. Alors inutile d'en parler, on ne nous écoutera pas.

Je dois aussi vous informer, puisque vous semblez ne pas l'être, que nous ne sommes pas la seule association à ne pas être d'accord avec vos ''professionnels''. Et pas seulement à Lyon. Alors ne trouvez pas extraordinaire que les excès d'ignorance de cette situation de la part de vos services entraînent des réactions logiques des personnes handicapées.

Quant au site dont vous faites mention dans votre lettre, je n'ai pas de relation avec. Mais comme nos courriers seront sur notre site dans un avenir proche, les responsables de ce site trouveront votre lettre et vous donneront sans doute leur accord.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, mes sincères salutations

Le président Jean GREZAUD


Monsieur Bruno VERDON
Directeur du CERTU
9, rue Juliette Récamier
69456 LYON cedex 06