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Plus que jamais, l'Etat se désengage de ses responsabilités à l'égard des personnes les plus fragiles, en ne versant pas les sommes qu'il doit aux départements et qui devraient leur permettre d'assurer leurs missions de solidarité. La situation est particulièrement critique dans le domaine du handicap.

La " Maison Départementale des Personnes Handicapées " (MDPH) de Paris est ainsi dans une situation financière préoccupante dans la mesure où l'Etat doit lui verser 600 000 €. En l'absence de cette somme, puisqu'elle ne peut faire face à ses dépenses de fonctionnement, la MDPH parisienne se trouve confrontée à deux options inacceptables: soit licencier ses salariés soit réduire drastiquement les services qu'elle offre à ceux qui en ont tant besoin, à savoir les Parisiens en situation de handicap et leurs familles.

Se refusant à de telles solutions extrêmes, qui seraient injustes et à l'encontre de toute la politique en faveur du handicap à Paris, les membres de commission exécutive de la MDPH ont proposé une solution de sortie de crise transitoire. Ils ont ainsi décidé 'd'emprunter' cette somme au fonds de compensation dédié à des aides techniques en faveur des personnes en situation de handicap. Certes, cette somme sera 'remboursée' dès lors que l'état aura versé les subventions qu'il doit à la MDPH. Mais, dans l'intervalle, c'est le budget alloué aux aides quotidiennes des personnes en situation de handicap qui est réduit d'autant.

Pourtant, depuis plusieurs mois, Mme DUBARRY, adjointe au maire de Paris, en charge des personnes en situation de handicap, a alerté sur ce point. Elle a ainsi saisi l'Etat à plusieurs reprises au travers de titres de recettes, mais que l'Etat a rejeté. Dans un rapport publié le 24 juin, les sénateurs Paul BLANC (UMP) et Annie-JARRAUD-VERGNOLLES se sont d'ailleurs fait l'écho de cette préoccupation qui concerne de nombreuses MDPH de France.

Dès lors, Véronique DUBARRY, en sa qualité de présidente de la, MDPH de Paris, soutenue par les associations représentatives des parisiens en situation de handicap, s'est donc résolue à ester en justice auprès du tribunal administratif. Elle entend par là même placer l'Etat, pourtant garant de la légalité, devant ses responsabilités et obtenir la sanction du juge, afin que l'Etat honore ses dettes. Dans la lignée des actions contentieuses entreprises par d'autres départements, transcendant d'ailleurs les clivages politiques, Mme DUBARRY rappelle aussi au Gouvernement qu'il est grand temps qu'il tienne ses promesses. En effet, le 31 juillet dernier, la secrétaire d'Etat à la famille et à la solidarité, Mme MORANO avait annoncé que 10 millions d'euro supplémentaires seraient versés aux MDPH.