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DISCRIMINATION NATIONALE ORGANISÉE
CONTRE LES HANDICAPÉS

La LOI n° 2005-102 du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées promettait aux handicapés d'être des citoyens à part entière.

En fait c'était un leurre bien orchestré. Mais les associations de handicapées, pour certaines, ont pensé qu'une volonté politique allait mettre en application ces textes prometteurs. Quelle illusion ! La vérité est tout autre.

De nombreux comités, commissions, groupes de travail ou de réflexions étaient prévus à tous les niveaux de l'administration française territoriale. Mais leur mise en place et leur fonctionnement relèvent de la fantaisie géographique et de la condescendance des pouvoirs administratifs. Nous constatons aujourd'hui des disparités notoires d'un département à un autre.

Et si les droits aux aides sont disparates en fonction des interprétations dans chaque département, l'accessibilité promise par l'article 45 et les engagements timides des élus participant aux commissions créées par l'article 46 traduisent le peu d'importance que les décideurs accordent aux problèmes des handicapés.

Nous constatons actuellement une lassitude des associations qui se battaient au début de l'application des textes découlant de la mise en place de cette loi et qui sentent à quel point les décideurs locaux ignorent, volontairement ou non, les demandes réitérées d'amélioration de leur accessibilité. Il ne faut pourtant pas abandonner les droits que la loi nous a donnés. Il faut continuer à occuper la place qui nous a été accordée et nous faire entendre.

Il en est de même au niveau de l'administration nationale qui traine à prendre les décisions utiles et fiables, privilégiant des moyens inadaptés mais qui favorisent ceux qui en font un marché profitable ; les intérêts des handicapés passent après ceux qui organisent ces marchés juteux.

Nous venons de constater, lors des cinquièmes assises de l'accessibilité à quel point les retards s'accumulent et les divers intervenants ont bien laissé comprendre qu'ils n'étaient pas disposés à améliorer la situation, les coûts étant, parait-il, trop élevés.

En fait, dans certains cas, des solutions à moindre coût existent, mais les problèmes de m+archés empêchent de les promouvoir. Il vaut mieux faire moins, mais gagner plus.

Mais il semble aussi y avoir un consensus politique pour ne pas laisser aux associations la possibilité de s'emparer de cette loi.

Outre que les prescriptions énoncées dans les textes n'ont pas de caractère d'obligation, ni de prévision de sanctions en cas de non application, les décisions prises par les juridictions montrent très clairement que les associations ne seront pas écoutées.

La décision du Conseil d'État sur les messages sonores des feux piétons à destination des aveugles en est un exemple. (Voir la ''Lettre ouverte aux sages du Conseil d'État).

Mais aussi les jugements rendus par les tribunaux administratifs qui, obligé de sanctionner les villes qui n'ont pas observé les textes, réduisent les indemnisations accordées aux associations requérantes bien en dessous des frais encourus. C'est une façon de dire " N'y revenez pas ! " (Tribunaux administratifs de Paris et de Bourg en Bresse)

La France a pourtant ratifié la Charte de l'ONU sur les droits des handicapés, mais comme d'habitude, il semble bien que la compassion suffise pour que les décideurs soient satisfaits. Ils oublient sans doute qu'un français sur deux finit sa vie handicapés. Et ils font partie de la population, ils auront peut-être un jour à se repentir de leur laxisme.