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Ma visite au salon AUTONOMIC 2008


Je suis allé au salon AUTONOMIC, outre les contacts que j'ai pris avec plusieurs exposants, j'ai participé à une ''table ronde'' le 11 au matin. Présentation lénifiante et rassurante de la part de Monsieur GOHET, délégué interministériel aux personnes handicapées et Madame Michèle TILMONT, déléguée ministérielle à l'accessibilité, qui a pris la suite de Madame Catherine BACHELIER qui a fait valoir ses droits à la retraite.

Si on en croit ces délégués, nos institutions françaises ont tout prévu, tout élaboré pour le bien de tous les handicapés. Il n'y a plus qu'à attendre. Et vouloir aller trop vite n'a aucun sens.

Cette présentation terminée, un groupe a succédé, composé du Sénateur Paul BLANC, du président de Conseil National Consultatif des Personnes Handicapées, de l'adjoint aux handicapés de la ville de Clermont Ferrand, du Président de l'Union Nationale pour l'Insertion Sociale du Déficit Auditif auxquels s'est joint l'Échevin de Liège.

Chacun d'eux a développé les problèmes plus pratiques rencontrés dans la mise en application de la loi de compensation du handicap. J'ai remarqué que la notion de prise en compte de l'accessibilité en tenant compte de tous les handicaps, que nous développons depuis l'origine de l'UNMV, prend corps dans l'esprit des acteurs de ces recherches (excepté le CERTU qui persiste à ne pas vouloir la prendre en compte)

Le président du Conseil National Consultatif de Personnes Handicapées à déploré que l'ambiguïté du texte instituant les commissions d'accessibilité entraîne certaines villes à ne pas mettre en place leur commission du fait qu'elles adhérent à une agglomération de communes. Cependant, ces villes restent maîtresses de certaines actions qui ne sont pas du ressort de l'agglomération et qui, de ce fait, ne sont traitées nulle part.

Dans les problèmes soulevés par la représentante de Clermont Ferrand, sur la non-conformité des matériels installés par l'entreprise DECAUX pour les sanisettes, j'ai été étonné que les charges décrites dans les marchés publics ne prennent pas en compte l'obligation de fournir du matériel correspondant aux normes en vigueur, sous peine de nullité du marché. Ainsi DECAUX continue à se jouer des obligations envers les personnes handicapées. Si une ou un spécialiste des marchés publics pouvait me donner des précisions sur ces conditions de rédaction des marchés publics, je l'en remercie.

Lors des questions, j'ai demandé à quoi servaient les Conseils Départementaux Consultatifs des Personnes Handicapées puisque celui du département du Rhône, dans lequel je suis représentant associatif, ne s'est réuni qu'une fois pour entendre la lecture par un membre de la préfecture du rapport 2007, pour lequel les membres du CDCPH n'ont pas été consultés. Le président regrette que ces CDCPH ne servent à rien et que leur fonctionnement soit stérilisé par la direction bicéphale préfet et président du Conseil général. Il est vrai que les courriers que j'ai adressés à ce ''président'' n'ont jamais eu de réponse.

J'ai interpellé le Sénateur Paul BLANC sur la citoyenneté des handicapés, qu'il avait évoqué dans son intervention, en lui faisant remarquer les problèmes posés par les machines à voter, citant ceux rencontrés par une adhérente à COURBEVOIE qui n'a pas pu voter du fait que la ''machine à voter'' n'était pas en mesure de lui permettre de le faire. La ville s'est dotée de machines à voter mais les casques qui permettent aux aveugles d'exprimer leur vote n'étaient pas présents. De plus, on constate que les personnes âgées ne veulent pas voter avec ces ''machines'' dont elles ne comprennent pas le fonctionnement. Le fonctionnement lui-même est très aléatoire du fait que les personnes malvoyantes, et donc les personnes âgées, ne peuvent lire les caractères trop petits de l'écran défilant.

Monsieur BLANC me déclare que dans dix ans toutes les personnes sauront se servir des machines à voter qui s'apparentent aux ordinateurs que tout le monde utilisera. Il est vraiment très optimiste. Et ça n'améliorera pas la vue des malvoyants.

L'après midi, une table ronde m'intéressait particulièrement, le sujet en était la chaîne du déplacement. Madame DEJAMMES du CERTU prend la parole en premier après la présentation. Elle explique que le CERTU est conscient des problèmes que rencontrent les personnes handicapées et trouve les solutions qui conviennent. Le représentant du CNPSAA, responsable de la commission accessibilité de ce groupement, qui échange assez souvent des apartés avec la déléguée du CERTU, avance timidement que dans les zones trente, pour lesquelles le CERTU veut faire appliquer un décret en cours d'élaboration supprimant les trottoirs et les passages piétons, les aveugles n'auront plus de repères et ne sauront pas quand ils sont dans une zone trente. Il ne demande pas le retrait de cette proposition. Je suis confondu par l'intervention si timide d'un responsable accessibilité d'un organisme qui se veut représentant, et donc défenseur, des intérêts des handicapés visuels. Pas de protestation, une acceptation tacite qui se fait jour au travers de paroles sans vigueur, sans conviction. Je suis écoeuré et je quitte la salle. Je comprends mieux la perte d'influence de ce groupement qui, docilement, entérine toutes les facéties incongrues des services ministériels.