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UNION NATIONALE DES MOINS VALIDES

Siège social : La Maison pour tous 249, rue Vendôme 69003 Lyon

Membre du Groupement National des Associations Bénévoles du Handicap Visuel

 

Le 24 juin 2016 par mèl

Monsieur le Directeur,

Je reprends la lettre du 14 juin que vous m'avez envoyée par mèl. Je ne sais à qui elle a été adressée auparavant puisque je suis cité comme n'étant pas le destinataire premier ; je vais quand même répondre aux informations incomplètes afin que vous ayez la réalité des faits pour pouvoir agir.

L'étude de la norme NF P98-351:2010 était en cours lorsque j'ai adressé à l'AFNOR une lettre précisant qu'il existait une dalle utilisée en Espagne mais d'invention Française qui ne présentait pas les inconvénients de nos dalles. Après plusieurs échanges ma proposition a été adressée au responsable du groupe d'étude, ingénieur au Grand Lyon et à la secrétaire ingénieure au CERTU, à Lyon. J'ai rencontré le responsable que je connais très bien mais la secrétaire a refusé ma participation au groupe d'étude au prétexte que les études étaient terminées. Ce qui était faux puisqu'il y a eu deux réunions plus tard.

Mais le problème a une autre dimension dont personne ne parle. J'ai obtenu auprès des divers fabricants les prix des dalles que nous utilisons; en 2015, le moins cher donnait comme prix sortie d'usine 135 € le m². En Espagne, les dalles en béton spécial non glissant 3 € 20 le m². Il y aurait donc pour les communes qui installent des dalles une économie non négligeable avec la certitude de n'avoir aucun risque de chute puisque ces dalles qui ont recouvert le sol de la place de l'Hôtel de ville de Saint Etienne pendant plus de quarante ans n'ont jamais causé d'accident.

Ce que je vous demande puisque l'AFNOR me l'a mentionné, c'est qu'en tant que responsable du suivi des différentes normes dont vous avez la charge, que vous preniez la décision de revoir une norme de 2010 pour qu'elle soit adaptée à une définition de 2014 dont le vocabulaire est plus précis. Les plots n'ont pas les mêmes caractéristiques techniques que les dômes actuels. Il me semble que de par vos fonctions vous êtes tout à fait à même de le comprendre. Votre responsabilité professionnelle vous fait obligation de reprendre les informations techniques en modifiant la norme et de permettre ainsi aux communes de faire des économies dont elles ont bien besoin. Votre efficacité dans ce sens sera certainement bienvenue.

Je dois vous donner quelques explications sur mon action pour améliorer l'accessibilité des ''moins valides'' depuis 47 ans. Mes plus grosses difficultés pour avancer dans la bonne direction me viennent de l'administration. J'ai pu, en traitant directement avec une grande banque, faire admettre en France les distributeurs automatiques de billets de banque adaptés aux aveugles. Il y a une quinzaine d'années, à la demande du Grand Lyon j'ai, en travaillant directement avec l'atelier, fait réaliser les protections des dessous des escalators des sorties de la gare de Perrache. J'ai envoyé les photos et les plans au CERTU, à Lyon pour qu'il puisse le diffuser mais l'ingénieure qui les a reçus les a ignorés. Et j'ai alors appris un détail important. Je suis allé dans des salons spécialisés pour présenter ces modules à réaliser. La réponse de tous les fabricants que j'ai rencontrés et qui n'en ont pas voulu bien que je ne demandais rien pour moi étant bénévole. Réponse : ce n'est pas un marché assez important.

Et je comprends maintenant pourquoi les dalles françaises à 135 € le m² sont préférées aux dalles espagnoles à 3€ 20 le m². Les retombées sont plus intéressantes mais se sont les contribuables qui les supportent.

Vous vous trouvez maintenant devant un choix entre deux solutions opposées mais une seule correspond à une réalité juridique : la norme doit être en conformité avec le texte auquel elle se rapporte.

Il y a un point dans votre lettre qui me paraît bien curieux. Vous évoquez une lettre du 26 juin 2015 qui m'aurait été adressée par la Déléguée ministérielle à l'accessibilité. Je n'en ai aucune trace. Et pourtant je la connais et la DMA m'adresse régulièrement ses informations.

Je vous précise que votre lettre du 14 juin ainsi que cette lettre seront mises sur notre site afin que le plus grand nombre de lecteurs soient informés.

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur, mes salutations distinguées

Le président Jean GREZAUD

Monsieur le Directeur
Bureau de Normalisation des Transports,
des Routes et de leurs Aménagements
(BNTRA)

Le 12 juillet 2016

N'ayant pas reçu de réponse à ce mèl envoyé à Alain.Ghizoli@cerema.fr je me permets de vous adresser le texte par voie postale en lettre recommandée avec avis de réception.

Le président :Jean GREZAUD

Monsieur le Directeur
BNTRA CEREMA
BP 214
77587 PROVINS CEDEX