Le GROUPEMENT NATIONAL des ASSOCIATIONS
BENEVOLES du HANDICAP VISUEL
Siège social : 44, rue d'Achères 78600 MAISONS LAFFITTE
Membre du Groupement National des Associations Bénévoles du Handicap Visuel
Le 20 août 2007
Monsieur le Président,
Créer une branche spéciale de la Sécurité sociale
pour les personnes âgées et les handicapés est perçu
par quelques esprits chagrins comme une discrimination positive.
Je préfère
considérer cette nouvelle branche de la Sécurité sociale
comme une attention particulière à l'égard de personnes
particulièrement fragiles.
Il serait bon que cette attention soit
aussi portée sur les problèmes de l'accessibilité à
une citoyenneté de tous les jours.
La loi 2005-102 dite de compensation du handicap a prévu une mise en
accessibilité qui permette un déplacement sans obstacle infranchissable
sur toute la chaîne du déplacement.
Dans la réalité, il en va tout autrement. Notre association,
qui a fait de l'accessibilité son objectif principal, constate que,
loin d'améliorer la chaîne du déplacement, de nouveaux
obstacles sont installés sur la voirie, sans concertation avec les
associations qui dénoncent quotidiennement cet état d'esprit
des fonctionnaires de pratiquement tous les ministères, ainsi que de
nombreux élus territoriaux, ayant en charge la mise en application
de la loi.
Il semble constant que les personnes handicapées ne doivent
pas voir leur situation améliorée. Elles doivent rester dans
la différence et ne pas prétendre à vivre comme tous
les citoyens.
Elles encombrent la rue.
Lors de la création de la Haute
Autorité de Lutte contre les Discrimination et pour l'Egalité,
nous avions espéré pouvoir être soutenus dans nos actions
pour une application correcte de la loi de compensation du handicap.
Certes,
les deux grands chapitres de la loi mettant en place la H. A. L. D. E. ne
concernaient que la discrimination raciale et l'homophobie, nous pensions
que les autres discriminations, notamment celles envers les personnes handicapées
seraient prises en compte par cette institution.
Les réactions initiales
à nos premiers dossiers posés par des adhérents à
titre personnel ont provoqué des prises en compte favorables.
Une délibération du 12 février
2007, avec ordre à la municipalité de Savigny sur Orge (91)
d'agir pour une mise en conformité de la voirie devant permettre à
une personne aveugle de pouvoir circuler dans un délai de six mois
nous laissait penser que les problèmes propres aux personnes handicapées
seraient pris en compte.
Hélas, nous constatons, depuis, que plus rien
ne se passe. Les interventions de notre association semblent totalement ignorées.
Les dossiers adressés à la HALDE n'ont pas donné lieu
à accusé de réception et nous ne savons pas s'ils sont
pris en compte ou ignorés.
Les problèmes soumis sont pourtant
importants pour la libre circulation des personnes handicapées. Gênent-elles
à ce point qu'on veut ignorer leurs problèmes ?
A qui peut-on
s'adresser, si ce n'est à la Présidence de la République
pour que nos institutions fonctionnent correctement ?
Un cas difficile vécu
par une personne en fauteuil à BUXY (71) n'a reçu comme conclusion
que l'envoi à cette personne de la délibération du 12
février qui concernait une aveugle de Savigny sur Orge, sans intervention
auprès de la municipalité de Buxy.
De qui se moque-t-on ? La
HALDE ferait-elle preuve de discrimination ?
Je comprends bien que la HALDE n'a que peu de moyens et subit des pressions lorsque les personnes coupables de discriminations sont des élus, politique oblige.
Quels moyens reste-t-il aux personnes handicapées
pour faire valoir leurs droits de citoyens qui leurs sont en permanence contestés,
même par les associations qui sont sensées les représenter,
mais qui, pour la plupart pensent d'abord à leurs propres problèmes
qu'à ceux des personnes qu'elles devraient défendre.
Il est
vrai que la plupart d'entre elles, surtout pour le handicap visuel, sont des
entreprises qui vivent de la cécité et non des associations
de personnes aveugles ou malvoyantes.
Une réforme du système
est indispensable, ce sont les personnes handicapées qui doivent pouvoir
exprimer leurs besoins elles-mêmes.
La HALDE n'étant pas capable
de s'occuper des personnes handicapées, il faut mettre en place un
véritable organisme ayant capacité spécifique pour les
faire respecter.
La commisération n'est plus de mise, il faut des actes
concrets et non des paroles lénifiantes auxquelles les personnes handicapées
ne croient plus.
Les différents ministères
qui se sont succédé n'ont toujours considéré les
personnes handicapées que pour leurs différences sans prendre
les mesures adéquates nécessaires pour la bonne accessibilité
pour tous.
Il faut des décisions efficaces qui ne pourront être
prises par les mêmes personnes qui n'ont rien fait jusqu'à maintenant,
imposant leurs manières de traiter les problèmes qu'elles n'ont
pas l'habitude de vivre au quotidien.
Les décisions qui en découlent
sont inadaptées et génèrent des dépenses inutiles
dont la collectivité des contribuables se passerait bien.
Pendant la campagne électorale présidentielle,
vous nous avez promis, dans votre lettre du 28 mars adressée au GNABHV,
de revoir les problèmes spécifiques des messages des répétiteurs
de feux piétons pour les aveugles.
Où en est cette promesse
?
Devra-t-on supporter longtemps ce signal désagréable pour
tout le monde et dangereux dans son utilisation ?
Vous aviez, lorsque vous étiez maire de Neuilly, fait installer des
répétiteurs à messages parlés qui convenaient
à tous et ne gênaient pas le voisinage.
Pourquoi changer ce qui
donnait entière satisfaction ?
Il est urgent de traduire par des actes
les grandes déclarations concernant la prise en compte du handicap.
Les personnes handicapées en ont réellement besoin.
L'avalanche de messages que je reçois, par internet ou par courrier
m'inquiète ; les personnes handicapées ne croient plus aux promesses
qui leur ont été faites.
Elles constatent que les textes mis en place
ne sont jamais appliqués et que rien ne peut plus les défendre
contre l'inertie des pouvoirs publics.
Les problèmes d'accessibilité
se multiplient alors que de partout on en parle mais sans agir.
Alors agissez,
Monsieur le Président.
Il n'y a désormais que vous qui puissiez
débloquer la situation.
Le temps presse, les personnes handicapées attendent un message fort et positif de votre part, ne les décevez pas.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'assurance de ma considération distinguée.
Le président Jean GREZAUD
Pas de réponse aujourd'hui 5 décembre 2007
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