FUENGIROLA - Prix " ORANGE"
Une ville ouverte aux moins valides
Le texte est illustré de trois photos
La première montre une large avenue de bord de mer, une dame assise sur
un banc face à la mer sur un trottoir large et bien dégagé
La deuxième montre une rampe d'accès qui double un escalier en
centre ville
La troisième montre un exemple de mobilier urbain dont les parois partent
du sol et donc facilement décelable par une canne.
Fuengirola est une perle de soleil posée sur le bord andalou de la Méditerranée.
Ville de 73000 habitants, située entre Malaga et Marbella, elle propose
à tous la beauté de son site et le charme de son accueil. Elle
est naturellement une ville orientée vers le tourisme.
Une partie très
équipée pour recevoir les amoureux du soleil et l'autre partie
qui est restée dans le style andalou avec une vie locale dans laquelle
j'adore ses petits restaurants espagnols.
Le symbole de la ville est un soleil.
Et il ne manque pas.
C'est, l'hiver,
le paradis des retraités anglo-saxons et scandinaves.
Ils y découvrent
un art de vivre qu'ils ne connaissent pas chez eux et que nous ne trouvons pas
non plus en France.
La ville est depuis dix ans en profonde modification.
Son
alcadeza -(le maire)- a entrepris une véritable mutation de la ville.
A contrario de ce qui se fait partout, elle a privilégié les installations
qui facilitent la vie des piétons en réduisant la place de la
voiture.
Dans toutes les voies où la configuration le permettait, elle a fait
élargir les trottoirs en diminuant l'espace de circulation automobile.
Certaines rues ont même été mises en sens unique, réduites
à une seule voie pour améliorer les déplacements piétonniers.
Les trottoirs sont dallés.
Un petit bémol quand même, la
partie de la ville qui n'est pas directement concernée par le tourisme
n'a pas profité des mêmes améliorations.
Il est vrai qu'on
ne peut pas tout faire d'un coup, il faut du temps et du financement.
Il faut dire que l'importante présence de retraités du nord de
l'Europe amène une proportion non négligeable de personnes à
mobilité réduite à cause de l'âge mais aussi des
handicaps qui y sont associés, principalement le handicap moteur.
Tenir
compte de ce problème était évident pour maintenir ces
personnes qui viennent fidèlement chaque année profiter du climat
exceptionnel.
Presque toutes les traversées de rue ont subi les abaissements de trottoirs
; des rampes d'accès ont doublé les montées d'escaliers
et des centaines de bancs sont installés partout assurant le repos des
promeneurs.
C'est une ville qui tient compte du handicap.
Vous y trouverez,
sur une petite place, un buste de Louis Braille, ce qui est rare en France.
J'ai constaté aussi, mais ce n'est pas spécifique à Fuengirola,
c'est le souci, en Espagne, d'éviter les risques pour la circulation
des piétons en adaptant le mobilier urbain pour qu'il ne présente
pas de danger.
Les panneaux publicitaires, qui, comme en France fleurissent
sur les trottoirs sont totalement inoffensifs à contrario de ce que nous
rencontrons chez nous.
Partant du sol, l'aveugle le décèle immédiatement
avec sa canne alors qu'en France, la canne passe sous le panneau et l'aveugle
se plante le nez sur l'affiche.
De même, les montants des panneaux sont
carénés rendant les heurts sans conséquence ce qui n'est
pas le cas avec les montants carrés que nous connaissons trop.
Les espagnols
seraient ils plus intelligents que les français ou simplement plus altruistes
?
J'ai pu prendre contact avec les autorités locales qui m'ont apporté
des informations sur la ville et, par échange d'informations, se sont
montrées très intéressées par les équipements
spécifiques de plages pour personnes handicapées visuelles que
nous avons dans certaines de nos villes balnéaires.
Les sept kilomètres
de plage de sable
fin de Fuengirola permet ces équipements hautement souhaitables, en complément
des installations pour les personnes handicapées moteurs.
C'est en échangeant
nos idées que nous pourrons, partout en Europe développer ce qui
se fait de mieux, à la condition que nos dirigeants nous écoutent
au lieu d'imposer des méthodes inventées par des techniciens qui
ne se soucient que très peu d'écouter les utilisateurs.
Car c'est
bien, comme à Fuengirola, la prise en compte des réels besoins
qui fait évoluer l'amélioration de leurs conditions que demande
les personnes moins valides.
Il y a un esprit particulier qui domine la ville, le respect général
du piéton de la part des automobilistes. Un piéton s'approche
d'un passage protégé, l'automobiliste s'arrête.
Est-on dans
un autre monde ?
J'invite tous les français à venir vivre quelques
semaines à Fuengirola, l'Andalousie est une province merveilleuse et
si nos responsables territoriaux pouvaient s'inspirer de l'exemple de Fuengirola,
je pense que nous aurions une autre France que celle qui, actuellement, s'efforce
d'ignorer les délicats problèmes de la circulation des personnes
moins valides
Je vais quand même émettre une réserve sur un point particulier,
il manque de places de parking réservées aux personnes handicapées
et les rares places existantes sont souvent occupées indûment.
Bien que la ville soit orientée vers les déplacements piétons,
il ne faut pas ignorer les difficultés de déplacements des personnes
handicapées.
J'espère que les prochaines adaptations de la ville tiendront compte
de ces besoins indispensables.